Tyllou – Interview

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Alors que beaucoup de Youtubeurs s’amusent à démolir des groupes de musique sur internet (que voulez-vous, je suis aussi passé par là) Tyllou parle de morceaux qui lui tiennent à cœur. Et il en parle bien. Ses vidéos sont tout bonnement des analyses poussées de musiques de films, de jeux vidéos et de certaines musiques classiques. Il y explique ainsi pourquoi tel et tel instrument est utilisé (en simplifiant la théorie) et dresse des analogies entre moments du morceaux et passage du film. Foncez sur sa chaîne voir ses « Partoche » si vous voulez y voir quelque chose d’enfin original !

Hell Hina: Quel âge as-tu, et comment en es-tu venu à faire des vidéos sur Youtube ?

Tyllou : En ce qui concerne l’âge, j’ai 23 ans. Les vidéos font suite à mon désir de toujours développer des projets personnels artistiques comme la création de BD, manga, roman et bien sûr composition musicales. Youtube a commencé à prendre un tournant assez important à mon sens depuis l’avènement des célèbres podcasteurs. C’est à ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à ce site et l’envie de créer moi aussi des vidéos me grattouillait. Je ne voulais évidemment pas faire du podcast humoristique parce que faire la même chose que d’autres, ça ne m’intéresse pas. Et l’idée d’analyser des morceaux orchestraux est arrivée assez facilement vu que c’est ma passion.

Hell Hina : Quel est ton background musical ?

Tyllou : Pas grand-chose d’excitant. Cours de musique au collège, trois mois de solfège au début de mon année de 6ème. Youhou, on va aller loin avec ça ! Ma passion est vraiment née en 2007 environ et je me suis un peu formé tout seul.

Hell Hina : Combien de temps te faut-il pour réaliser une vidéo ?

Tyllou : J’avais fait un calcul approximatif. Et c’est environ 20 heures mis bout à bout. Mais il est possible que ça soit plus parce qu’évidemment je fais ça en plusieurs jours donc c’est dur de se rendre compte.

Hell Hina : Quel a été le premier disque qui t’a marqué ?

Tyllou : Je crois que le déclic qui m’a fait m’intéresser à l’orchestral a eu lieu en 1999 quand j’ai reçu pour noël l’album de l’épisode I de Star Wars, signé par le grand John Williams. Ça n’a pas déclenché ma passion mais… ça m’a poussé sur le chemin. Qu’est-ce que c’est bien écrit…

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Hell Hina : Penses-tu qu’il est nécessaire d’avoir un background particulier pour apprécier la musique savante (par opposition à la musique populaire) ?

Tyllou : Une question très intéressante. Comme pour les dissertes de philo, je répondrai oui et non. Non car n’importe qui peut se laisser emporter là où la musique le veut. Que ce soit dans le cadre d’une musique de film ou de jeu, où le support en soit nous permet de voyager, ou dans une musique composée seulement pour elle-même. De ce cas on peut très bien créer son propre film en l’écoutant.

En revanche, posséder des bases en musique permettra d’offrir une nouvelle vision de la musique. De cette façon, on peut bien prendre conscience de la beauté de la musique dans le sens où on peut mieux apprécier la vision du compositeur et du coup, son génie éventuel. Et c’est exactement ce regard que j’aimerais transmettre via mes Partoche.

Hell Hina : Ecoutes-tu d’autres styles que le classique ? En quoi le classique se démarque-t-il de ceux-ci selon toi ?

Tyllou : J’aimerai préciser que classique et orchestral n’est pas forcément la même chose.

Quand on parle de musique classique en général, on veut évoquer la musique savante, celle qui s’oppose à la musique populaire. En gros la musique de Mozart qui s’oppose à celles des troubadours, ou à notre époque, la musique de Phillip Glass qui s’oppose à celle du Colonel Reyel. La musique savante n’est pas forcément orchestrale. Beaucoup de morceaux classiques sont des pièces pour piano ou trio.

L’orchestral, c’est vraiment la musique jouée par les orchestres complets. Et mon truc, pour être le plus précis possible, c’est la musique symphonique. Orchestre de cordes, bois, cuivres et percussions. La question maintenant : je n’écoute quasiment que de l’orchestral. J’ai saigné toute une discographie du groupe de power métal, « Sabaton » durant mes études, mais c’est à peu près tout. L’orchestral s’en détache parce qu’à mon sens il est bien plus difficile de composer une œuvre pour 28 voix instrumentales que pour 4 pistes de guitares/batterie/basse, formation ULTRA répandue de nos jours. De plus, l’orchestre symphonique offre ce pouvoir d’exprimer tout ce qui peut l’être. Et la beauté de la complémentarité de chaque instrument, leur cohésion au sein d’un ensemble uni est juste magnifique.

Hell Hina : Quels instruments possèdes-tu ? Même question pour ton équipement audio/vidéo

Tyllou : J’ai une trompette Yamaha 2335 je crois bien. Entrée de gamme. Le piano familiale est de la marque Bernhard Steiner mais aucune idée du modèle. Il est vieux et désaccordé, beaucoup de viewers se sont fait un plaisir de me le rappeler. Au niveau du matos son j’ai un micro Audio-technica et une carte fast track M audio. Et pour la vidéo j’ai récemment investit dans le fameux Canon EOS 600D, déjà utilisé par plein de confrères youtubers. Avant cela je filmais avec le petit caméscope de poche Camileo de Toshiba P100.

Hell Hina : Sur ton FB, on peut voir que tu composes des musiques (sur Fruity Loops je crois). Peux-tu nous en dire plus, tu t’y essayes depuis combien de temps, comment ça se passe ?

Tyllou : Ma passion pour l’orchestral est née en même temps que ma première composition (Ground of Blood – main theme). J’ai commencé à composer avec l’éditeur de partitions « Melody assistant » et je continue à l’utiliser. Récemment, j’ai commencé à utiliser FL Studio (Fruity Loops) afin d’utiliser les sons instrumentaux bien plus réalistes de EWQL Symphonic Orchestra. Et je compte bien enrichir ma banque de sons. Donc je compose sous Melody assistant, et je transferts mes morceaux sous FL Studio pour les faire jouer par des jolis sons. Sauf certains petits trucs que je compose directement sous FL Studio. Mais je préfère avoir la vision globale de la partition.

Hell Hina : Dans le cinéma comme dans les jeux vidéo, certains artistes comme John Williams s’occupent de nombreuses BO de blockbusters. Comment expliquerais-tu cette créativité hors-norme ?

Tyllou : Génie. Plus sérieusement, John Williams a baigné dans la musique depuis tout petit grâce à son père (Mozart aussi, tient donc…) et je pense que certaines choses qui lui sont arrivées dans sa vie lui ont permis de se forger une identité musicale forte. Lorsque on a composé autant de morceaux, en faire encore plus se fait à mon avis presque par réflexe. C’est hyper impressionnant.

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Hell Hina : D’ailleurs, à quels jeux vidéo joues-tu en ce moment ?

Tyllou : Je joue depuis un bout de temps au célèbre League of Legends et je me suis remis activement à Minecraft (encore ma créativité qui doit s’exprimer via un jeu). Je joue un tout petit peu à Left for Dead 2 aussi, et c’est cool.

Hell Hina : A mes yeux, faire des vidéos positives comme tu le fais, au lieu de descendre en flèche des clips populaires, est un réel pari dans les médias d’aujourd’hui. Qu’en penses-tu, pourquoi as-tu opté pour cette démarche ?

Tyllou : Je ne suis pas contre le fait de descendre en flèche des « artistes » qui le méritent. Mais je préfère mettre en valeur ce que j’apprécie, c’est-à-dire l’orchestral. Descendre en flèche la musique merdique, c’est bien, mais on pourrait répondre « oui mais que peut-on faire de mieux ? ». C’est la question à laquelle j’essaie de répondre dans Partoche.

Il y a des artistes aujourd’hui qui font preuve de recherche et c’est une très bonne chose. Je pense à la musique électronique qui offre des possibilités de sound design assez extraordinaires (ne pas confondre avec le dance club techno dégueulasse). Mais vu que ce n’est pas ce que j’aime écouter, je n’y connais pas grand-chose et donc je n’en parle pas.

Hell Hina : Que penses-tu d’Alexandre Desplat ?

Tyllou : Pour être honnête, je ne connaissais pas vraiment avant de lire cette question. J’ai écouté quelques-uns de ses morceaux tirés de la bande originale d’Harry Potter 7. Et du peu que j’ai entendu, j’ai noté un niveau assez intéressant. Une petite inspiration de John Williams ressort un peu justement. Mais la musique reste minimaliste. Bien sûr, je répète que j’en ai écouté assez peu pour pouvoir juger efficacement.

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Hell Hina : Comment vois-tu la musique dans 50 ans ?

Tyllou : Majoritairement de la merde. Avec une branche parallèle de musiques créative qui essaie toujours de sauver la musique. Je vois évidemment l’essor de la musique électro. Ou alors la période électro sera finie. 50 ans c’est long.

Mais j’ai bon espoir de me dire que la musique orchestrale restera indémodable. On en trouvera toujours, soit telle quelle, soit cachée dans des compositions populaires. Le classique a toujours influencé les artistes contemporains, et ça continuera. J’espère.

Une réponse

  1. jb

    Interview très sympathique ! Attention cependant : il y a quelques fautes d’orthographe à corriger.

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