Sad Panda – Interview

Humour par l’absurde : voilà comment l’on pourrait définir la majorité des vidéos « tutoriel » de Sad Panda. Celui-ci soutient tantôt les jeux indépendants, parfois il s’attarde quelques fois sur la série Doctor Who, et il tente même de déchiffrer de temps à autre des commentaires d’internautes sur Je Parle France. Un vent de renouveau sur la toile, tout en humilité !

Hell Hina : Est-ce que ton voisin a enfin fini ses travaux ?

Sad Panda : Oui.

Hell Hina : On te l’a sans doute déjà demandé, d’où vient ton pseudo, Sad Panda ?

Sad Panda : Oui,on me l’a souvent demandé.

Hell Hina : Peux-tu nous raconter tes débuts dans l’univers du jeu vidéo, quelles ont été tes premières consoles et premiers jeux auxquels tu ais joué ?

Sad Panda : Mon premier système fut l’Amstrad CPC 464 qu’on peut voir maintenant dans les vidéos du HardCorner de Benzaie. Les premier jeux dessus ? Terramex et Rolling Thunder, super souvenirs ! Première console, un classique : la NES, où j’ai passé des heures sur Dragon Ball !

Hell Hina : Comment se passe concrètement l’écriture d’un épisode de tutoriel ? Est-ce que tu l’écris par exemple en soirée en déconnant avec tes potes (comme pour l’idée de l’épisode dédié à l’avion en papier), ou bien tu le fais de manière plus scolaire, où pousser et soigner le côté absurde te demande du temps ?

Sad Panda : J’écris seul quand j’ai une idée centrale qui vient, après je construis autour.

Hell Hina : As-tu déjà pensé à faire un film, comme Benzaie ou le AVGN ?

Sad Panda : Non jamais, je ne suis pas cinéaste ou écrivain et encore moins acteur.

Hell Hina : Comment réagirai-tu si une télé te demandait de créer des vidéos pour elle ?

Sad Panda : « Vous, vous avez vraiment de l’argent à jeter par les fenêtres. »

interview sad panda hellhina

Hell Hina : As-tu déjà reçu des plaintes par MP de gens dont le commentaire est passé sur JPF ?

Sad Panda : Non jamais, surtout depuis que je cache les noms après une recommandation de mes abonnés. Mon but n’est absolument pas de blesser ou de corriger les auteurs. C’est juste de s’amuser avec des fautes d’inattentions (pour la plupart).

Hell Hina : On sait que tu es fan des Red Hot et de la musique de Bastion, quels styles de musique écoutes-tu en général ?

Sad Panda : Vraiment de tout, mais je gravite essentiellement autour du Rock et de toutes les variantes possibles qui évoluent autour de guitares.

Hell Hina : Aimes-tu la musique 8-bit ?

Sad Panda : Oui, ça ne me déplaît pas,mais je n’ai pas de références particulières.

Hell Hina : Tu as composé pas mal de trucs, notamment l’hymne au Nostalgia Critic, la musique de GYMDK, ou l’outro de JPF. Peux-tu nous en dire plus sur ta formation, quand as-tu commencé à composer, et surtout comment t’y prends-tu pour composer ?

Sad Panda : Je n’ai pas vraiment de secret : j’ai une mélodie en tête, j’essaie de l’en sortir.

Hell Hina : Quel business-model pourrait sauver la musique aujourd’hui selon toi ?

Sad Panda : Les concerts, un CD maintenant ça se pirate, tu peux pas pirater un excellent concert ou du moins ressentir les émotions d’un live. Après je ne me suis jamais vraiment penché sur la question. Mais beaucoup « d’artistes » qui sonnent bien sur CD font beaucoup moins les malins sur scène. C’est la qu’on sépare les pointeurs d’usine des vrais stars.

Hell Hina : Le web 2.0 t’a visiblement montré que beaucoup de gens écrivaient mal, et que certains se montrent « possessifs », exigeants avec leurs idoles internet. Sur ce même plan « sociologique », qu’est-ce que Youtube t’a appris sur son public ?

Sad Panda : Pas vraiment « appris » mais plus confirmé. Sur internet, n’importe qui ou n’importe quoi peut devenir énorme extrêmement vite, voire trop vite, mais aussi redescendre, être démoli et oublié tout aussi vite. C’est pourquoi je ne prend rien au sérieux sur internet, d’où mon travail YouTube de « dilettante ».

interview sad panda hellhina

Hell Hina : Tu fais partie du site That Guy With The Glasses qui compte de nombreux critiques d’art. Énormément de personnes comme toi font des vidéos sur des jeux vidéos. Penses-tu que suite à l’expansion du web, les frontières entre journalistes et bloggeurs/youtubeurs sont de plus en plus floues ?

Sad Panda : Le public les rend flou. Si on réfléchit un peu, on voit que l’amateurisme a ses limites.

Hell Hina : On pourrait te percevoir comme parfois « rabat-joie » dans certains de tes propos, notamment quand tu dis que tu fais les vidéos à ton rythme, quand tu veux rester discret sur ta vie privée, ou encore que tu économises pour la retraite. Est-ce que tu ressens une pression de la part de tes fans, est-ce que parfois tu as été tenté par les sirènes de la célébrité et que tu t’es dis « fuck it, je vais poster plein de photos de moi à Los Angeles » !

Sad Panda : A mon avis, les utilisateurs de YouTube ont instauré un « star system » assez malsain. Il y a deux directions : d’un côté les gens aiment les YouTubers car ce sont des gens comme eux, qui filment chez eux et qui sont très accessibles. Et d’un autre côté, dès qu’un peu de public suit, le YouTubeur devient un objet, et non plus une personne. Il doit faire ce qu’on lui dit sous peine d’être perçu comme quelqu’un qui  » a pris la grosse tête » ou qui ne respecte pas son public. Mais il faut bien se rappeler que très souvent, la personne ne s’attend pas à avoir du succès et ne signe aucun contrat qui l’oblige a un résultat.

Je comprend qu’on puisse s’attacher à un YouTuber, mais je trouve l’intrusion et la familiarité du langage trop irrespectueuses. Nous restons tous des être humains avec nos vies et nos problèmes, en rajouter par le biais du net me parait un peu inutile. Je me considère comme un « entertainer » sur YouTube, pas comme un produit.

Hell Hina : Que nous prépares-tu pour l’avenir, est-ce que tu as de nouveaux projets dans les cartons ?

Sad Panda : Pas pour l’instant, mais je réfléchis constamment!

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