Alternine – 2.0 – Chronique

_Rock qui sent bon l’Islande
_Juin 2013

« Challenge accepted ». Cela doit être le motto d’Alternine. Apparaissent dans les influences du groupe – mais aussi, par résonance, dans les chroniques de l’album – les noms de  Tool, A Perfect Circle, Nine Inch Nails. Mettons les choses au clair : vous retrouverez des petites traces par-ci par-là, mais tomber dans la comparaison est juste excessif.

A l’image de la pochette du disque, où cohabitent dans une nuit d’étoiles mauves une fillette au cerf-volant et un poisson gris gigantesque à la queue zébrée sur lequel des buildings sont installés, tout ça sous fond de circuit informatiques, Alternine cherche encore son identité sonore et manque de cohérence. Les deux premiers titres s’axent sur des mélodies super catchy et accessibles. Beneath the Sun contient des riffs doux et lents, comme si les musiciens jouaient sous l’eau. La rythmique, en particulier, sur le refrain,  reste très entraînante et à la frontière pop-rock.

Et là, bam : Alternine prend un virage à 180 degrés avec Hollow, s’engouffrant sur le sentier de l’industriel, avec un mix entre la rythmique saturée de The Line begins to Blur de Nine Inch Nails et la rage de Björk sur Enjoy. Là voilà la patte d’Alternine. La première chose que vous allez faire en écoutant « 2.0″, c’est baisser les médiums de l’équaliser, histoire de pas avoir les tympans crevés par la voix incroyable de Laetitia Jéhanno. Pour le coup, la ressemblance est vraiment frappante et bluffante à vrai dire, pour un fan de l’artiste islandaise comme moi. La rage, l’émotion sont présentes, tout en offrant également des passages plus apaisés comme le ferait la chanteuse de The Gathering.

Immédiatement après sur Salvya, toute machine électronique est remise à la cave au profit de guitares électriques tantôt moelleuses, tantôt frisant le métal, ainsi qu’une basse plus appuyée. Dead on Time tente de se rapprocher de Maynard James Keenan niveau vocal, avant de se clôturer sur un cri.

Ce cri, c’est le signe d’espoir. C’est comme si le groupe avait attendu la fin du disque pour vraiment se lâcher. Soyons clair : je ne trouve pas trop de cohérence à ces morceaux, trop peu nombreux pour véritablement me plonger dans une atmosphère précise, ou faire émerger lors de l’écoute des images de poisson astéroïde urbain. Alternine a un potentiel énorme ; c’est nous les poissons, et 2.0 est juste un gros appât qui nous nargue en disant « regarde ce dont on pourrait être capable ! »
Qui a oublié le xylophone de Over sur « Mer de Noms » d’APC, sorti pourtant il y a 13 ans déjà ? Qui ne se souvient pas de « Lateralus » de Tool ? Et est-ce que ces groupes font du pop-rock ? NON ! Alternine doit multiplier les surprises, se lâcher encore plus, créer plus d’atmosphère, inclure des interludes, un tas d’éléments qui pourraient le faire rejoindre très rapidement la cour des grands, j’en suis certain. Une sacrée pression sur les épaules en somme.

Ah, et des cours d’anglais pour certains passages, ce serait pas mal non plus.

7.0

Prometteur 7

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A propos de l'auteur

Jérôme

Diplômé en journalisme, je fais des interviews de groupe depuis 2005 sur mon propre webzine, Hell Hina.

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