After Blowdown – In the Shade of a Tree

__Doom malveillant/Trip-hop
__2011

Avant l’été, j’ai reçu un message d’un jeune groupe français nommé After Blowdown se présentant comme un mélange de Portishead, IDEM et Ez3kiel. Qu’en est-il ?On commence avec Distress – on notera comme sur le premier EP que le groupe ne va pas par quatre chemins quant il s’agit de chercher un titre de chanson, celui-ci se résumant généralement à un seul mot, une émotion. Il s’agit d’une piste riche en détails et influences, où une voix cristalline encerclée par des guitares et une basse sombres se transforme de temps à autres en bégaiements troubles et menaçants. Ces cordes électriques domineront de plus en plus le morceau, avec notamment un pont très doom.

Victory nous réserve d’autres surprises, où la chanteuse se montre encore plus aliénée et inquiétante, mais tout en étant moins hystérique que To the edge of the wood, effort sorti en 2010. Des bruits électroniques voire spatiaux se mêlent à des percussions originales et bien agencées, quand survient un grondement de basse qui nous laisse penser que c’est d’une « victoire » démoniaque dont il est question.  After Blowdown est suffisamment habile pour changer de pont et mettre au lieu du grondement, un long solo intense de gratte à la manière d’un The Gathering en plus obscure. Un solo plus enrichi et plus lourd que celui de Last Dawn sur leur premier EP.

Mais la grande nouveauté, ce sont les plages instrumentales ambiant, beaucoup plus proches de Cranes que d’Ez3kiel car plus électroniques. Et c’est malheureusement ce qui vient gâcher cet EP. Si ces titres sont calmes et bien réalisés, ils s’avèrent être en décalage total avec les autres titres. Ainsi rien dans Alone nous inspire l’angoisse, il s’agit d’une petite balade lente et aérienne. Même chose pour Coma, dont le nombre exorbitant d’écoutes sur Soundcloud me laisse perplexe. Un simple coup d’œil au spectre sonore nous laisse deviner qu’il s’agit ici également d’une balade oisive où la rythmique acoustique est beaucoup trop simpliste, et où le sursaut final des guitares électriques n’est pas assez fort et tragique pour justement nous sortir du coma. En bref, ces titres feront parfaitement bien l’affaire en tant qu’interlude sur un album. En tant que chansons d’un petit EP, la cohérence en prend un coup.

L’évolution d’After Blowdown en plusieurs mois est assez spectaculaire et prometteuse. Le groupe a nettement gagné en profondeur et élargi sa palette de style, attendons à présent leur prochain volet qui sera décisif.

7.0

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A propos de l'auteur

Jérôme

Diplômé en journalisme, je fais des interviews de groupe depuis 2005 sur mon propre webzine, Hell Hina.

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